Un contexte : la réflexion de l'enseignement catholique sur la manière de vivre son projet
En lançant les assises de l'enseignement catholique français en septembre 2000, Paul Malartre, alors secrétaire général de l'enseignement catholique, a demandé aux établissements de relire leur projet éducatif en se référant à l'audace de leurs fondateurs. Des fondateurs qui ont su lier dans une même démarche l'acte d'enseigner, d'éduquer et d'interroger chaque jeune ou adulte sur le sens de sa vie au regard de l'évangile.
Aussi, après avoir examiné la façon de « repenser l'école autrement » et de changer de regard sur l'élève pour mieux répondre aux attentes d'aujourd'hui, les membres des communautés éducatives furent invités à discerner les décalages qui existent entre la qualité des projets éducatifs et ce qui se vit au quotidien. Comment reconnaître chaque personne et lui donner des raisons d'espérer quelles que soient ses difficultés ou ses interrogations ? Comment le sens chrétien de la personne est-il pris en compte dans les différents actes posés dans un établissement scolaire ? Cette demande d'attention aux relations qui s'exercent dans les établissements, appelle tous les membres des communautés éducatives à la réflexion.
Dans le prolongement de cette initiative, Eric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique, a demandé aux établissements d'examiner comment ils prennent pleinement possession de leurs espaces de liberté reconnus et accordés par les lois Debré et Rocard. Cette démarche a permis d'analyser le contexte éducatif de notre société.
Pour le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, la société est en effet fatiguée psychiquement, de plus en plus fragmentée, en perte de confiance, en proie à l'instantanéité, et centrée sur l'individualisme ainsi que sur la consommation. Ces constats, souligne-t-il, nous invitent à privilégier le collectif, à favoriser l'égalité des chances, à passer des peurs et des humiliations à l'espérance, à remplacer le droit de la force par la force du droit. Ces propos ont particulièrement été écoutés le 21 mai à Rungis par les 1 500 représentants de l'enseignement catholique rassemblés pour vivre le « 1er rendez-vous de la liberté éducative ».
Face aux changements qui se dessinent ainsi qu'aux modifications culturelles qu'ils entraînent, l'école ne peut rester indifférente. Aussi, l'enseignement catholique estime urgent d'avoir l'audace de s'emparer des espaces de liberté qui résident dans son projet éducatif, dans sa responsabilité d'organisation de la vie scolaire, dans une certaine intelligence des savoirs et dans sa capacité à relier différents lieux d'éducation pour mettre le cap sur des explorations éducatives. Cette démarche ne peut être entreprise qu'en prenant les risques d'une navigation parfois difficile afin de faire de l'établissement un lieu du bien-vivre-ensemble dans le respect des différences, un lieu de lutte contre les inégalités, un lieu de découverte de la durée, de l'histoire et de l'engagement, un lieu de compréhension de la signification des savoirs, un lieu du questionnement du sens de la vie et d'ouverture à l'intériorité. Cet appel à l'exploration s'adresse donc à chacun des membres des communautés éducatives, dans la responsabilité qu'il doit assumer, et repose sur les postulats de la confiance et de la reconnaissance. Ce « 1er rendez-vous de la liberté éducative » en réclame donc d'autres, à commencer par celui du 3 décembre 2010 : « Journée des communautés éducatives ». Cette journée appelle les membres des communautés éducatives à se réunir pour travailler de nouveaux terrains éducatifs dans chaque établissement et en réseau d'établissements.
Un but : associer des entreprises à la formulation et à la vie du projet de l'enseignement catholique
Le 1er décembre 2001, la quatrième résolution prise par l'enseignement catholique avait pour intitulé : "Une école sans murs" dont l'une des actions prioritaires fut "d'associer à la formulation du projet d'établissement des structures extérieures à l'école". En effet, pour poursuivre ce questionnement sur le sens de l'école et ses fonctionnements, l'enseignement catholique français a besoin d'être épaulé par des entreprises dont les interventions dans les établissements sont régulières, fréquentes et essentielles à la mise en œuvre des projets éducatifs ou parce qu'elles sont fortement préoccupées par les questions éducatives et de formation.
Pour mener à bien cette ambition d'étude et d'action, le Secrétariat général de l'enseignement catholique a décidé de créer un "Club des partenaires". Tisser des liens, entrer dans un partage de réflexions entre les entreprises et le Secrétariat général, entre les entreprises elles-mêmes, tout en étant attentif à garantir la place, l'originalité, et les démarches spécifiques de chacun sont autant de facteurs qui entraînent ce club à s'inscrire dans la durée.
Nous n'oublions pas que ce club rassemble des entreprises qui se trouvent également en concurrence. Il ne s'agit donc pas lors des rencontres de demander aux entreprises de dévoiler leurs stratégies, mais bien plutôt, de leurs proposer de mieux analyser, comprendre et réagir à des questions éducatives ou de fonctionnement du système scolaire.
Des objectifs fondés sur le partage
Le « Club des partenaires » a ainsi pour objectifs :
- de participer aux réflexions engagées par l'enseignement catholique,
- de partager les perceptions et les interrogations de ses membres sur l'enseignement catholique et sur le fonctionnement des établissements,
- de proposer des initiatives,
- de soutenir le Secrétariat général dans des actions majeures d'information, de communication, de formation, de recrutement et de gestion de ressources humaines.
Les membres du « Club des partenaires » pourront faire valoir leurs travaux et recherches sur les supports d'information du secrétariat général, notamment dans le hall des partenaires sur le site portail "enseignement-catholique.fr" ainsi que dans le magazine "Enseignement catholique actualités".





